CHRONIQUE - Reportages - Futuropolis par Julie le 08/12/2011

Prix neuf :
25,00 €
En librairie le :
04/11/2011
Bien
Scénario
Joe Sacco
Dessin :
Joe Sacco
Série :
Reportages
Éditeur :
Futuropolis
Format :
200 pages en noir et blanc et couleurs

La chronique en bref

L'auteur nous livre à dessins tranchants, le portrait de personnages habituellement écartés des récits des grand médias, et des hommes politiques : ceux qui subissent la guerre, l'immigration, l'asservissement. Ls histoires terribles se succèdent. Les images, lourdes de sens, parlent d'elle-même et n'auraient pas toujours besoin de légendes ou de commentaires.

La chronique de Julie

Joe Sacco est un journaliste-reporter américain. Auteur de la célèbre bande dessinée Gaza 1956, qu'il avait entièrement réalisé (dessin, texte et reportage), il initia le genre de « bande dessinée de reportage ». Le revoilà, toujours aussi engagé, à travers cette compile de cinq reportages dessinés qu'il réalisa pour différents journaux. L'originalité de sa démarche est d'allier le dessin, qui ne peut qu'être subjectif, à un travail journalistique qui se doit d'être objectif. Mais qu'est-ce que l'objectivité ? Dans Reportages, Joe Sacco a arrêté ses choix sur cinq pays: Palestine, Irak, Tchétchénie, Malte et Inde. Se tenant toujours aux côtés des « sans-voix » et des oubliés, il témoigne ici des conditions souvent précaires pour ne pas dire terrifiantes, des habitants ou réfugiés de ces pays.

Pour tout ceux qui s'intéressent au journalisme, aux grands conflits du XXe siècle, cette bande dessinée est pour vous. L'auteur nous livre à dessins tranchants, le portrait de personnages habituellement écartés des récits des grands médias, et des hommes politiques : ceux qui subissent la guerre, l'immigration, l'asservissement. Les dessins semblent fidèles à la réalité. Sobres, sans superflu, ils dressent le portrait de ces êtres humains, au-delà des clichés, et des bons sentiments. Les portraits sont très réussis, le visage de cette femme tchétchène par exemple, labouré par le temps et la tristesse, transporte le lecteur à ses côtés. On ne peut s'empêcher de penser aux Cahiers Ukrainiens d'Igort.

Mais les histoires terribles se succèdent. Les images, lourdes de sens, parlent d'elles-mêmes et n'auraient pas toujours besoin d'autant de légendes ou de commentaires. La « bande dessinée de reportage » est un genre particulièrement appréciable, mais ces cinq histoires, l'une après l'autre, peuvent vite devenir indigestes. Un petit conseil donc, n'ayez pas peur de la vérité, mais laissez-la venir doucement. Commencez par un reportage puis revenez, plus tard, en lire un autre !

L'échelle des humeurs du mouton